Julien Boclé est danseur, chorégraphe, auteur et comédien.

Artiste polymorphe, il mêle danse hip-hop, performance et cinéma dans une pratique hybride et sensible, qui explore le mouvement, le souffle et la liberté.

Un parcours né du breaking

“Pluriel, c’est ainsi qu’on pourrait choisir de définir Julien Boclé. Lui, prèfere se dire artiste polymorphe dans son approche.”( Tess Annest )

Né à Brest, il grandit près de Lorient, où il découvre le breaking à douze ans. Autodidacte, il baigne dans la culture hip-hop et le monde des battles en Europe, tout en pratiquant la gymnastique à haut niveau (vice-champion de France). Après des immersions à Montréal et à New York, il s'installe seul à Paris, où il élargit son champ et devient danseur professionnel.

Il danse pour la compagnie Massala de Fouad Boussouf (Näss, Happy au Louvre pour le Festival Paris Été 2021), interprète Burn to Shine d'Ugo Rondinone au Petit Palais en 2022, et travaille avec Bernardo Montet, Marine Chesnais (compagnie One Breath) et la compagnie Engrenages. En 2023, il intègre la compagnie Dragone, fondée par Franco Dragone, metteur en scène du Cirque du Soleil, pour Terhal, spectacle imaginé et préparé par ce dernier avant sa disparition, à Dubai puis en Arabie saoudite. En 2024, il se produit à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris (Records, mise en scène par Thomas Jolly) au Stade de France, devant environ 80 000 spectateurs et plus de 17 millions de téléspectateurs en France. Il danse ensuite dans Le Rêve du Gladiateur, produit par Dragone et mis en scène par Arthur Cadre, aux arènes de Nîmes en 2025. Il danse également pour la mode : Mont-Blanc au Palais Galliera (Fashion Week de Paris, 2022) et Y-3, comme performeur et mannequin, dans un spectacle dirigé par le chorégraphe Julien Gaillac au Palais Brongniart, lors de la Fashion Week homme de Paris (juin 2026, collection printemps-été 2027).

Auteur et chorégraphe

Très tôt, il développe un travail d'auteur et de chorégraphe. En 2020, en plein confinement, il écrit, réalise et chorégraphie Inner Dialogue, un triptyque de courts-métrages créé avec la photographe Valentine Magendie, présenté dans Culture Box sur France Télévisions. Nourri de ses lectures, notamment d’Edgar Morin, ce voyage intérieur poétique et philosophique interroge l’espace, l’amour, nos contradictions et notre rapport à la terre.

Il crée ensuite L'homme et la mer, sa première pièce chorégraphique, avec le pianiste Frédéric Vaysse-Knitter : un travail de recherche en milieu naturel, mené avec le biologiste Pierre Mollo sur le rôle des phytoplanctons dans la production d'oxygène, au croisement de l'art et de l'écologie. Elle est jouée en France (dont au Centre Chorégraphique National du Havre) et à l'international, notamment au Reconciliation Festival de Stavanger, en Norvège, où il est artiste en résidence : il y présente la pièce, anime un workshop de danse, participe à une action de nettoyage de plage, ainsi qu’à une réflexion sur table avec le physicien écrivain Yves Queré, parrain du festival.

En 2024, il chorégraphie, met en scène et interprète I CAN(‘t) BREATHE pour Nuit Blanche, au Théâtre de la Ville – Sarah Bernhardt. Dirigée par son oncle, l'artiste visuel Jean-François Boclé (auteur du projet, disparu en 2026), sur une musique de Thierry Pécou, cette pièce pour six danseurs mêle breakdance, danse hip-hop et bèlè autour des mots de Frantz Fanon, dans le prolongement de leurs origines martiniquaises communes.

Ces créations naissent d’enjeux qui le touchent, la question coloniale et les dominations dans I CAN(‘t) BREATHE, l’environnement dans L’homme et la mer, car il croit à l’art comme moyen de sensibilisation et de réflexion.

Julien est travaillé par ce besoin de tisser différents domaines disciplinaires, remettant en question la complexité de l’idée d’une pensée plus complexe.

« Chez moi, l'écriture et la danse ne se succèdent pas : elles se répondent et se fondent, avec la musique, dans un même mouvement. »

Chorégraphe pour d’autres

Il chorégraphie et danse l'opéra L'Olympiade de Vivaldi (2022, direction Jean-Christophe Spinosi, ensemble Matheus), crée le duo J'ai toujours rêvé d'être un pianiste avec la chanteuse Maëlle et signe des chorégraphies pour des marques (Maison Montignac).

Au cinéma, il chorégraphie deux courts-métrages, notamment Circus Monkey de Roman Djeghaba (2025, à paraître), avec les acteurs Samuel Kircher et Valentin Campagne. Au théâtre, il chorégraphie Le Garçon Nuage d'Ethan Oliel, présenté au Festival d'Avignon puis repris à La Scala, à Paris, en septembre 2026.

Comédien

Il découvre le cinéma avec Les nimbes de Guillaume Delsert, son premier court-métrage, produit par Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains (2021), puis enchaîne d'autres courts-métrages avant de jouer au théâtre. Il se forme par des stages et travaille depuis deux ans avec le coach Sei Shiomi, chercheur en jeu (New York, Paris), dans une approche réaliste issue de l'Actors Studio.

En 2025, il tient le rôle principal de Roméo, mis en scène par Marion Lévy, aux côtés de Léo Nivot. En 2026, il rejoint la troupe de l’acteur Jean-Paul Rouve, dans Le Bourgeois gentilhomme, mis en scène par Jérémie Lippmann, aux théâtres Antoine puis du Gymnase à Paris : plus de 150 représentations et 110 000 spectateurs. La pièce est en tournée en France, en Suisse et en Belgique jusqu'en janvier 2027, avant une dernière représentation exceptionnelle prévue à l'Olympia le dimanche 24 janvier 2027 . C’est aujourd’hui vers le cinéma qu’il oriente de plus en plus son travail, en tant que comédien.

“ Le cinéma contient mes obsessions : le réel, l’imaginaire, les corps en mouvement, les émotions brutes. Exprimer le monde et m’en échapper. “